Articles d'opinion

Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 09:43

La période de l'entre-deux guerres mondiales fut appelée par les historiens "La belle époque". Pour l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française, ils pourraient réadapter le slogan par "la belle arnaque". Au lieu de saisir l'occasion de montrer quelle société voulons-nous et de se demander d'où provient le malheur pour s'en guérir, la France fonce tête baissée sans voir s'il y a un mur en face ou non. Nombre de gens sont dans la panade, ils galèrent pour vivre dans le cinquième pays le plus riche du monde, et ils votent avec les oeillères pour ceux qui les affameront encore et encore.

           

1. Le monde merveilleux du Capital.

 

            Le vote a toujours été l'instrument des puissants pour asservir les faibles. Dans la constitution de 1958 (1), le socle juridique est cimenté de manière à ce que ne soient élus que les partisans de l'économie de marché capitaliste : le premier tour des élections présidentielles donne l'impression de choisir démocratiquement son gouvernant, le second tour après élimination des têtes non souhaitables au Capital, laisse le choix entre une pomme pourrie (UMP) ou une pomme verreuse (PS). La dernière échéance électorale l'a bien montré. J'attendais un sursaut populaire que je n'aurais pu suivre que sur internet, étant à quinze mille kilomètres de la France. J'attendais une armée de petits bras et poings levés, unis pour soulever des montagnes sous les couleurs du Front de Gauche ou bien sous la simple bannière de l'intelligence, du bon sens et du bien commun. J'attendais l'abolition de la cinquième constitution, verrouillée, sclérosée, monarchie bananière déguisée en république démocratique. Et puis d'un coup tout s'effondre, l'espoir distillé depuis des semaines s'évapore en gaz toxique : les néolibéraux ont gagné l'élection et leurs acolytes nationalistes profanateurs de la haine gagnent encore du terrain.

 

            Depuis 2011, les vainqueurs des guerres du passé s'attaquent à l'économie mondiale. Une poignée d'entreprises contrôlent 80% du capital mondial, leur objectif est de tout posséder. Quelques grands spéculateurs ont déclaré la guerre aux peuples en 2011 pour acquérir les 20 autres pourcents, ceux que possèdent les pays occidentaux. Il y a un nom derrière cette poignée. Et puis un autre. Et puis encore un. On ne pourrait retenir qu'un nom, celui de Goldman Sachs, puissante multinationale qui agit dans l'ombre en plaçant ses rejetons à la tête des institutions publiques européennes (BCE, Italie, Grèce). Notons aussi les agences de notation de S&P à Moody's, qui s'arrogent le droit d'être supérieurs aux Etats et leur gouvernements fantoches en décidant arbitrairement qui peut emprunter, qui ne peut pas. Il y a une dette publique constituée d'anciennes dettes privées (celle des banques de 2008 que les Etats ont racheté à 2%) qui n'a jamais été remboursée par les banques. Une Banque Centrale Européenne qui s'interdit de prêter à ses Etats (ses propres contributeurs) et qui les oblige à faire des emprunts à 20% sur les marchés financiers, ou au FMI en échange de programmes d'austérité pour "guérir" les nouvelles dettes illégitimes (plans de rigueur, relâchement de la présence de l'Etat dans l'économie, ce qui favorise les privatisations et les entreprises privées).

            Il y a, enfin et surtout, une idéologie criminelle qui aliène les gens par le travail, les rend serviles par sa propagande, un Empire qui divise des esclaves contre des maîtres. Ce monde est vraiment étrange : on parle de progrès de l'Humanité au moment même où celle-ci se délabre et plonge de manière consentie dans un tel obscurrantisme qu'il faudra des dizaines d'années, peut-être plusieurs siècles pour qu'elle renaisse de ses cendres et répare le mal qui a été fait.

 

            Tout un cortège de possédants très puissants reçoivent les cirages de pompes et les serments d'allégeance des gouvernants politiques. Comme ils sont très serviables, en tant que rois loyaux envers leurs bons serviteurs, les possédants leurs donnent quelques bons émoluments : ils financent les partis politiques, ils les aident à se faire (ré)élire, ils font pression sur les parlements et investissent les médias pour leur donner une bonne image auprès du Tiers-état roturier. En retour, les gouvernants politiques drapés de légitimité doivent abandonner la gestion des affaires publiques, et sacrifier la population en la laissant mourir de misère ou de chômage à petit feu. Et une fois que la population consacre toute sa pensée à se demander comment  elle va manger les prochains jours, il suffit aux conquérants du pouvoir politique de leur dire qu'ils mangeront s'ils travaillent un peu plus. Ceux qui voient les médias dominants comme des lignes directrices de leur vie gobent des couleuvres à longueur de journaux télévisés. Prenons du recul sur ce que l'on entend, réfléchissons et cessons d'écouter ceux qui affirment des énormités. A force de croire que l'immigré est un danger pour la Nation, ou bien que le chômeur est la cause de la récession, ils pourront bientôt faire croire sans honte qu'on peut verser deux litres d'eau dans une bouteille d'un litre! Les Hommes politiques le savent, c'est pour cela qu'ils en jouent à coups d'éléments de langage, de manipulation lorsque leur bouche approche le micro.

 

            Ils divisent les Hommes pour dilapider tout lien social, toute solidarité. Pour que chaque Être se trouve au pied du mur et soit corvéable à la merci de ses dominants. On place l'un contre l'autre, l'immigré contre le natif, le chômeur contre le travailleur, ils font la parade de discours en discours inspirés de Phillippe Pétain en reprenant textuellement des phrases prononcées en 1940-1941 (la fête du Vrai Travail annoncée par N.S pour le 1er mai, est le slogan d'une affiche de propagande pour le régime de Vichy en 1941). Tout cela pour apeurer la gauche et draguer l'électeur du FN. Plus c'est gros plus ça passe, et cela fonctionne puisque les votes nationalistes et racistes s'amoncèlent dans les urnes. Cela confére la légitimité que les Hommes politiques ont besoin afin de cirer les pompes des entreprises multinationales et autres institutions bancaires. Ainsi, faisant fi des revendications sociales du peuple, le pouvoir impérial élimine les autres prétendants au trône par sa propagande acerbe et soigne ses ouailles élues avant l'heure. François Hollande est loin de fâcher la finance, Nicolas Sarkozy rend au fascisme l'aura qu'il avait dans les années 1930-1940. Si l'on croit à ce raisonnement, les candidats du second tour ont été indirectement choisis il y a déjà bien longtemps par ceux qui rendent le peuple aveugle, sourd et muet.

 

2. Le Grand Soir, c'est pour quand ?

 

            Alors pourquoi et pour qui voter ? Ce n'est pas qu'une question de battre la gauche ou la droite. La tentation fasciste et xénophobe n'est pas une question de convictions, elle est un rouleau compresseur qui se déploie sur le marché pour les entreprises en temps de "crise". Voici mon sentiment : faire élire François Hollande à la présidence est un instrument pour la finance de colmater les brèches de sa barque. Comme le Parti Socialiste mènera la même politique néolibérale que l'UMP depuis 2007, les gens se diront déçus de "la gauche" et iront manifester pour quelques euros de plus sur leur fiche de paie, et exclusivement contre F. Hollande. Sans voir que l'objet de leur tourment est ailleurs. Encore cinq ans de frustration relative du peuple, et celui-ci ira voter en masse pour la droite réactionnaire de J-F Copé ou pour le même clan Sarkozy en 2017, soit un investissement de long terme de la finance, un plan du Capital sur dix ans.

           

            Nous avions un J-L Mélenchon qui défraya la chronique en séduisant jusqu'à 17% des électeurs selon certains sondages non fiables. Avec l'affluence de ses meetings, son verbe, sa compétence d'orateur hors pair, son humour et son sens du bien commun, le candidat du Front de Gauche a largement réhaussé le niveau du débat politique dans cette campagne électorale. Il y avait même de quoi croire qu'il pourrait être un danger pour l'élite financière.

            On a failli croire aux lueurs d'un Grand Soir citoyen, du moins d'une présence de la vraie gauche au second tour. De sondages en sondages, J-L Mélenchon passait de 7% à 15%, parfois même 17%. Et c'est 11,7% qu'on enregistre officiellement. Y a-t-il encore des drapeaux rouges et des foulards noirs pour exciter la plèbe et faire trésaillir les coeurs d'espoir ? Sa défaite laisse une autoroute au Capital qui prolonge son bail sur la France d'au moins cinq ans, sauf insurrection urbaine, sans que personne ne s'en rende compte. Il faut dire aussi que les français ont peut-être bien ce qu'ils méritent. Ils sont comme des junkies en manque : on leur vend de la poudre aux yeux, de la propagande la plus indigeste à boire, et les électeurs l'avalent. Le pire, c'est qu'en plus ils en redemandent. Nicolas Sarkozy est un peu comme un dealer qui vend de la cocaïne à des gamins : il rend ses clients serviles avec ses doses de propagande, de telle sorte qu'ils se plaignent d'un mal-être énorme. Comme ils ont l'esprit détourné, ils pensent qu'ils sont en manque. Puis comme ces pauvres gamins ont peur que leur manque empire, ils vont revoir le dealer pour augmenter les doses. A terme, cela les tue mais ils continuent d'aduler leur bourreau. Alors, que la foule de gens qui ont voté Nicolas Sarkozy et François Hollande n'aillent pas dire en manifestations dans la rue qu'ils veulent conserver leurs droits sociaux (retraites, emploi, éducation, etc), ils étaient déjà au courant depuis 2007 et ce gouvernement de boutiquiers.

 

            Je ne sais pas si Robespierre sourit à son bourreau sur l'échaffaud un jour de 1794, j'en doute. Plus que de lui sourire, la France ricane devant la lame de la guillotine et dit à ses tueurs : "Je t'en prie, je suis une putain des bas quartiers et j'aime avoir mal, offre moi une mort lente et douloureuse, fais moi souffrir à petit feu et je t'aguicherai davantage". C'est assez affligeant de voir à quel point la France est une inconsciente qui prend du plaisir à se faire violer. Il y a du savoir-faire, des ressources naturelles, des matières premières, de l'industrie, du tourisme, une population dynamique et assez jeune qui se renouvelle, il y a tout pour innover, des territoires très attractifs, des conquêtes sociales à protéger...ce pays, cinquième au rang mondial des compétiteurs de PIB, n'a jamais été aussi riche que maintenant et a tout pour s'auto-suffire! Et pourtant, la majorité s'en va voter contre son intérêt.

 

            Il y a des choses que les possédants du Capital ne peuvent supprimer et qu'elles aimeraient toucher du doigt : le droit d'expression (vote, manifestation, pétition), la grève, les syndicats, le droit du travail. De temps en temps, il y a des ennemis (de gauche) de ce système qui se glissent dans l'arène électorale qu'ils avaient pourtant bâtie rien que pour eux. Tous les cinq ans, on demande l'avis du peuple et c'est une des seules choses qu'ils (les financiers) ne peuvent supprimer pour le moment. C'est donc leur problème majeur car si les gens ouvrent les yeux, ils seront éblouis par tant d'injustice et voudront reprendre leur pouvoir volé. Et nous avions une bonne raison, plus que jamais, en 2012 pour chasser ces rois au chevet du capital et de retrouver notre droit de décision sur les choses. Ce droit, s'appelle souveraineté populaire, et veut qu'un électeur libre et égal en droit, soit directement ou non détenteur du pouvoir. C'est ce que les grecs nommèrent par démocratie il y a 2500 ans. De plus en plus d'actifs (travailleurs et chômeurs) et de non-actifs (étudiants, retraités) sont dans la galère des mauvais jours. Ils ont perdu leur emploi, d'autres n'en ont pas trouvé. Ils ont travaillé toute leur vie et n'ont qu'une misère pour retraite et doivent passer la fin de vie dans le stress au lieu d'avoir un repos bien mérité, de profiter avant la mort. Ils sont en train d'apprendre les notions pour diriger ou commander les rênes de la société à l'université, mais ils savent en apprenant pour leurs partiels, qu'ils sont condamnés à faire des jobs de misère sous-payés. Dans le même temps, 75% des suffrages exprimés sont envoyés pour les artisans de leur misère (PS, UMP, FN). La France est une belle femme masochiste qui se fait violer brutalement par des ventripotents capitalistes, qui en plus lui dérobent son portefeuille après s'être soulagés les organes génitaux. Mais elle continue de sourire à ses gros porcs de criminels en leurs disant "encore".

 

            De la même manière qu'un ouvrier pleure son emploi lorsqu'un actionnaire sourit, la Bourse sabrera le champagne le soir du 6 mai 2012, tandis que la condition des classes dominées aura une sale gueule de bois. La consolation de cette histoire, est peut-être qu'au moins, les gens savent maintenant qu'on peut répliquer au néolibéralisme par le socialisme au Front de Gauche. Ils savent aussi qu'une partie de la population française ne se laissera jamais soumettre aux vautours et aux charognards, à la vermine du "Nouvel Ordre Mondial". Cette force en mouvement, la troisième-quatrième du paysage politique, ne gagne pas les élections dans l'arène politique, mais elle est comme un refuge de montagne à l'abri des loups, pour ceux qui voudraient goûter à ces idées de justice sociale, de liberté, d'amour, de socialisme, de lutte sociale et de Résistance.

 

Samuel Moleaud.

1er Mai 2012, Vrai jour de la Vraie Fête du Vrai Travail.

http://sam-articles.over-blog.com     

 

(1) La France fait la morale et la guerre aux monarques antilibéraux qui gouvernent les pays d'Afrique du Nord depuis trente ou quarante ans, mais oublie qu'elle n'a pas changé de régime depuis 1958, soit cinquante-quatre ans de pouvoir au service de la bourgeoisie.

Par sam - Publié dans : Articles d'opinion - Communauté : ANARCHISTE et/ou LIBERTAIRE
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 11:02

 

jpg_bastille.jpgLa révolte immense qui s’annonce partout dans le monde sera une réponse populaire à des années de confiscation, de frustration, de colère, de pleurs et de peurs. Les cris en ébullition qui montent doucement dans les corps et les cœurs sont en passe de jaillir de la cocotte minute. A force de cuisiner chaque population à la casserole, celle-ci a fini par se cultiver et se demander pourquoi ce sont toujours les mêmes brigands qui écrivent les lois qui font que la majorité reste au sous-sol du rang social.

Aujourd’hui, les marchands-rois continuent d’écraser leurs corps ventripotents sur les trônes dorés avec les deniers publics volés à la population. Les feuilles d’or des fauteuils de la Bourse demeurent lisses et luisantes. Dans leur tour d’ivoire aux radios mensongères, ils ont pourtant perdu à leur propre jeu : avec leurs entreprises, ils ont inventé des boîtes à propagande pour diriger les foules. Mais celles-ci commencent à déserter les télévisions. Et à discerner et filtrer les codes nauséabonds de ceux bons à consommer. Puis, de New-York à Jérusalem, de Madrid à Berlin, de Moscou à Tokyo, ils interceptent et renvoient les messages polluants dans les hauts parleurs des donjons du château fort où siège le Capital. Les rois et les seigneurs pensent leurs sujets comme des êtres malléables corvéables à merci, comme des bras articulés prêts de manière robotique à soudoyer leur autorité à tout instant. Mais c’est méconnaître que leur idylle féodale a tourné les dernières pages de son prologue.

 

1. Une forteresse assiégée par ses meilleurs alliés…

 

Car de la bêtise et de l’obscurantisme, vont bientôt émerger l’intelligence, la raison, le bon sens et l’indicible notion du bien commun pour tous. Pour preuve, en campagne, pauvres et vagabonds parlent de révolution citoyenne. L’idée de refuser de payer une dette illégitime et odieuse fait son chemin, et celle d’imposer un salaire maximum aux grands seigneurs vient d’être décrétée audible et crédible. On progresse. Partout, un même ennemi est estampillé sur les discours et les coordinations, les organisations, les actions fleurissent et se multiplient.

Car si les capitalistes du château commencent à être rattrapés par la maladie d’Alzheimer, il y en a bien d’autres, travaillant aux champs, qui se souviennent des leçons à tirer de l’Histoire. Les malades de la mémoire n’ont en tête que la tragédie d’un atroce génocide (pardon du pléonasme) antisémite pendant qu’en coulisses, ils oublient que la xénophobie est le premier proxénète du fascisme. Ils se délectent d’une tragédie historique en jouant de la victimisation à chaque mot contraire à la diabolisation, pour semer la terreur partout où ils agissent. Ils établissent un racisme d’État et s’acoquinent avec les fiefs d’extrême-droite afin de rendre profitables et «compétitives» les entreprises multiseigneuriales qui frappent aux portes du château. Mais c’est ignorer l’idée qu’elles sont là pour le détruire. D’ailleurs, il y a belle lurette que ces exploiteurs inspectent du coin de la lorgnette le coffre-fort du château et qu’ils ne payent plus l’impôt royal. Ainsi, à force de s’endoctriner de billevesées moribondes, les dirigeants du château ont cru que le danger venait de l’extérieur, qu’il venait de ceux qui voulaient passer les douves, sans voir que les banquiers et les financiers avaient spéculé sur le délabrement des murailles. Une fois la forteresse en ruines, tous les voisins pourront bien y pénétrer jusqu’à saturation, ils y mourront de faim sans concessions. Très vite, les paysans ont été réduits au chômage structurel, le château assiégé n’a plus eu d’esclaves pour importer du blé et les gardes refusant de commettre le populicide, ont retourné leurs baïonnettes contre leurs chefs. La ville-forteresse bascule alors dans une cruelle disette sous le regard hagard et mesquin des créanciers qui ricanent en haut des tours crénelées. Ces bandits vont même jusqu’à attribuer des notes lettrées à ceux qui marchandent le mieux les denrées pillées : une galette de blé vendue la moitié de son prix est sanctionnée d’un AAA. Un crédit consenti sur le pain donne un AA à l’affamé. Et tout un cortège de miséreux multipliant les prêts à taux usuriers exorbitants pour payer leurs dettes et manger ont été inscris en C ou en Défaut.

 

2. Diantre ! Ils font la révolution au château !

 

La foule au dehors, déshumanisée par le travail, le stress, l’angoisse, la dépression ou les cancers, a très vite compris mieux que quiconque ce qui était bon pour elle : manger sainement, boire, dormir, vivre et partager le plaisir charnel, élever ses enfants, jouir de santé, pouvoir se déplacer, s’amuser et/ou se cultiver. Le travail, le pouvoir, la hiérarchie, les soumissions à l’autorité, l’abandon de la dignité de soi et les humiliations ne sont pas des choses qui lui font foncièrement envie. Et même si les esclaves modernes rongent leur vie à élimer la terre ou la matière, ils ne sont pas amnésiques. A chaque frustration subie, ils savent qu’il suffit de refuser les ordres et s’affranchir de la dette seigneuriale pour reprendre le pouvoir que les marchands-rois, minoritaires, leurs ont volés. Bien sûr, ils continueront à travailler, mais cette fois-ci pour le bien de la communauté et non pour tout donner aux nobles. Car la liberté, la justice sociale et la dignité ne s’achètent pas, elles sont des femmes charmantes et envoutantes que nous nous devons de séduire.

Le peuple de la seigneurie sait que s’il n’agit pas maintenant, demain ce sera pire. Alors bientôt, il regroupera les richesses qu’il a produites et les partagera dans la famille, dans le village, dans le quartier, espérant que l’élan solidaire va même gagner tous les fiefs et les royaumes attaqués par les créanciers illégitimes. Même le medium de l’argent doit être instrumentalisé comme un bien commun, au même titre que l’eau ou l’air. L’eau et l’air sont des éléments vitaux à la vie. L’argent l’est aussi dès qu’il y a échanges de biens ou de services et interactions sociales. Une société qui tolère que 1% de ses membres possèdent 80% ou 90% du capital pendant que des Hommes meurent dans le froid sur le trottoir des rues, est une société pathologique et décadente. C’est pourquoi tout le monde doit recevoir de l’argent pour vivre, tout comme chacun respire de l’air. Pour ce faire, la nouvelle société aura plus qu’intérêt à ce que les banques soient des entreprises publiques, mises à l’abri des prédations privées. Simples questions de sécurité. Poussons un peu, il serait un progrès que le champ, l’atelier ou bien le magasin et tous autres outils matériels de production soient détenus de manière collective par ceux qui les font vivre. Qu’il n’y ait nulle propriété privée des moyens de production au bénéfice de personnes privées qui ne contribuent pas aux recettes du château pourrait être un progrès social inouï.

 

Cette chose nouvelle que l’on peut collectivement s’autoriser à prononcer désormais, possède un mot. Plus, un nom, une étiquette, un symbole, une couleur qu’on nous avait confisqués. Cela s’appelle socialisme et sa couleur rouge et noir qu’il arbore est le signe que l’Espoir et l’Amour vont bientôt supplanter la différence, la haine, le racisme et la guerre. La population en désarroi sait que s’associer aux autres rend la vie possible et que la mise en concurrence mutuelle est contreproductive pour atteindre son bonheur. Elle prend surtout conscience que ses chefs ne veulent pas son bien-être et que cet idéal socialiste, idéal de vie dans le respect d’autrui est désormais possible. Elle se met à embrasser des mots qui lui faisaient peur, des palabres de démocratie, d’autogestion, d’amour et de partage et se rend compte qu’il vaut mieux embrasser la liberté qu’un barreau de prison.

Mais plus percutante encore est la conscience de ce peuple, qui voit qu’il n’y a rien de plus beau qu’un Être désespéré qui a retrouvé le sourire et qui transmet sa joie de vivre aux autres. Une ravissante femme que l’on contemple dans la rue en dévorant ses yeux d’envie, le sentiment gratifiant de ne plus se sentir inutile, de se savoir doué pour quelque chose, le café du matin avalé avec son patron ou ses collègues, les regroupements nocturnes dans les villes… Chaque moment de la vie sociale devrait être une recherche de plaisir et non une contrainte subie. Se réattribuer le goût des plaisirs de la vie est devenu l’enjeu social majeur de nos temps contemporains, chimères que vos néolibéraux réprouvent avec véhémence. C’est pourtant ce qu’ils ont, eux, une vie de luxe et d’oisiveté.

 

Et, quand le bon sens fait sauter les lacets des œillères, les belles choses dites utopiques, impossibles, idéalistes, deviennent normales, comme devant s’imposer à l’Humanité. On prend même du plaisir à convertir sa rage et canaliser sa colère dans l’art de la poésie ou bien la musique, l’entreprise de bonne foi, le goût du don et de la solidarité. Une société dilapidée et spoliée revient toujours à ses heures de gloire où, prenant conscience de sa force décuplée, elle se met à déplacer des montagnes avec la puissance créatrice qu’est l’intelligence. C’est celle qui s’empare d’un humanisme révolutionnaire pour changer le monde sans devenir le bourreau de ses anciens inquisiteurs. La Révolution est un concept latent, dont on a l’impression qu’elle dort dans les méandres des esprits là où il y a parfois des signes qui nous montrent qu’elle est pourtant bien vivante. Qu’elle brille par son ardeur et sa splendeur. Et cette époque charnière où les aspirations utopiques se commuent en mistral d’espoir, les petits exploités du royaume savent qu’ils sont peut-être en train d’en vivre les prémices et premières esquisses. Preuve en est, les écuyers et les vassaux du village s’évertuent déjà à décrier l’inégale organisation de la vie sociale au château. On progresse. Plus qu’à s’y mettre tous. Petit à petit, les mains égarées d’affolement qui tombent sur les crânes et qui chassent l’ambition comme le vent balaye les feuilles mortes, se resserrent. C’est l’heure où les drapeaux rouges et noirs virevoltent en l’air comme pour chasser cette odeur pestilentielle d’individualisme, de racisme, de peur. Les doigts se contractent et se hissent en l’air, bras tendus et poings levés, comme message de lutte aux puissants que désormais, un citoyen est capable de rugir à la face de ses prédateurs pour les faire fuir, en tapant du point sur la table pour reconquérir sa souveraineté populaire. Qu’un citoyen n’est plus un matricule soumis, calme, timide, frêle, docile et humilié.

 

Non ! Place au peuple, et place à l’Humain d’abord ! Un citoyen de la 6ème République est un individu du 21ème siècle qui cherche le progrès social quand ses congénères se font les apôtres de la grande régression sociale. Dans son corps, pas de violence, dans son cœur pas de démence. Juste une avide soif de connaissances, une quête de sens, l’essence du bonheur partagé. Une résistance contre la dégénérescence d’une société gangrénée par le lucre. Une action sociale digne de ce nom pour une société vertueuse où chacun se redonne et s’échange les armes du savoir et du savoir-faire. Et cet humain du 21ème siècle sait qu’en chaque Être, se cache une intarissable source de talents à exploiter, modeler, travailler. Dans le 5ème royaume le plus puissant du monde, et la 2ème seigneurie la plus riche de la conjuration européenne, il n’y a jamais eu autant de richesses produites qu’aujourd’hui. On estime que le château enregistre un produit intérieur brut de 2 000 milliards d’écus par an. Mais huit millions (12,5% de la population) de roturiers vivent sous le seuil de pauvreté et 6% sont des travailleurs pauvres. En même temps, 500 grandes familles de la grande noblesse déclarent au moins 60 millions d’écus par an, jusqu’à la première (B. Arnault, LVMH) à 22 000 millions d’écus par an. Il est des roturiers qui souhaiteraient juste mettre à contribution ces familles de nobles là où leurs ancêtres du 18ème siècle leurs auraient tout simplement coupés la tête. On progresse.

 

Mais ne plongeons pas pour autant dans le dogmatisme partisan qui récupère les idées pour son compte dans l’arène de la communication et dans les arcanes du pouvoir. Méfions-nous des révolutions volées et des Hommes de bien qui se font l’avocat du diable, et lancent de la poudre aux yeux juste pour aveugler les électeurs. Le vote Front de Gauche pour la Révolution Citoyenne doit se faire mais avec méfiance, car le vote à toujours été l’instrument rêvé pour canaliser les masses et étouffer les ardeurs populaires. Et enfin, rappelons-nous que les révolutions profitent souvent aux classes bourgeoises dominantes. Conjuration de Gauche, nombre de roturiers s’apprêtent à te soutenir au royaume, et ils t’ont à l’œil si tu les trahis. Résistons en espérant que tu ne sois pas de ceux qui vendent la révolution par opportunisme politique. Un certain François Mitterrand, surintendant de Charente en son temps vivant, fit son programme électoral de 1965 à 1981 en critiquant la Cinquième Charte, celle qui lui convenait fort bien une fois passé le sacre du 10 mai !

 

Samuel Moleaud.

 

Jeudi 8 Mars 2012.

Par sam - Publié dans : Articles d'opinion - Communauté : ANARCHISTE et/ou LIBERTAIRE
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 11:32

…Elle ne l’écoute pas nécessairement ! Devant un peu plus de 2000 personnes, voilà que la course au pouvoir gagnait un candidat jeudi 16 février 2012. On pourrait marquer ce jour dans les anales de la démocratie, puisqu’il symbolise celui où son fossoyeur prit la parole pour annoncer le naufrage de la France dans un autoritarisme d’extrême-droite.

Ainsi, voilà que les électeurs découvraient son slogan de campagne : «La France Forte». Le portrait du candidat ? Une photo de profil au regard vide, vague, moribond, fuyant à droite du cadre, qui ne cache pas un certain rictus cynique qui pourrait signifier une pensée du style «je vais bien vous saigner». Un regard malicieux plongé vers on ne sait où, sans doute comme l’œil du crocodile qui fait mine de regarder de côté alors qu’il s’apprête à bondir pour vous croquer. Le tout sur fond d’une mer bleue d’huile, sans doute pour montrer une velléité d’apaisement là où il se nourrit en réalité avidement, du chaos qu’il va laisser au champ de ruines sociales du pays.

Avant que de s’intéresser aux mots retenus du discours d’Annecy, on voit déjà le virage de N. Sarkozy et de sa clique de l’UMP se faire vers l’extrême-droite. Il ne s’agit plus de voler des voix au Front National pour gagner une bataille électorale : depuis quelques mois, il s’agit tout simplement de mettre à sac le pays, peuple contre peuple, classe contre classe, afin de récolter les fruits d’un futur choc économique : le naufrage annoncé de la république vers une sorte de néofascisme européen. Tout y est, sur la photo : la posture autoritaire, le visage fermé, le slogan qui n’est pas sans rappeler l’idée d’une France Pétainiste lavée des faibles et des parasites qu’elle s’est donnée. Et puis les couleurs, le fond de l’image, qui semblent vouloir dire «Ne vous inquiétez pas, soyez calmes braves gens, le petit père de la Nation est là…». En un mot, la France Forte, mais nauséabonde.

Et puis vint le discours, enfin les bribes que les médias ont bien voulu nous lâcher. Son stratagème pour assurer sa réélection est de se poser en victime demandant pardon aux gens de n’avoir pas pu faire son programme en cinq ans. Comme si les critiques (des gens de gauche) qui lui sont adressées par une partie des français depuis 2003-2004, l’avaient empêché de rendre la vie meilleure en France. Nous savons désormais que c’est faire un mensonge éhonté que d’associer le président au concept du bien-être social. Le requin voudrait-il le bonheur des nageurs à la dérive ?

«Je veux rendre la parole à la France qui dit non», dit-il avant de rappeler ses projets de référendums sur les chômeurs et l’immigration. Si le candidat de l’UMP souhaite redonner la parole aux citoyens, qu’il annonce un référendum au sujet du prochain traité européen qui prévoit la ratification d’un accord passé fin janvier 2012, qui asphyxie, pille l’État de ses ressources, et qui sera appliqué et imposé en catimini.

1-Un référendum sur la formation des chômeurs ? C’est encore une bonne vieille ritournelle néolibérale et préconçue qui voudrait qu’un chômeur est quelqu’un d’assisté qui ne veut pas travailler. Ce postulat a déjà été contrecarré à mains égards, mais il persiste et signe. Plus, il enfonce le clou : il voudrait que chaque chômeur suive une formation obligatoire à la suite de quoi il serait contraint d’accepter un emploi correspondant à la formation subie et reçue, sous peine de radiation des listes de Pôle Emploi.
En France, nous sommes des millions de jeunes à sortir de l’enseignement avec au moins un diplôme de bac+2, voire bac+5 et bac+8. Les jeunes de classes moyennes et supérieures font des études supérieures pendant parfois dix ans à l’université, et sont frappés par le chômage à 25 ans à cause d’un marché du travail volontairement saccagé. Et il faudrait qu’on oblige ces jeunes à suivre une formation supplémentaire ? Donc Mr. Sarkozy devra s’expliquer avec ces familles qui sacrifient leurs modestes revenus à l’éducation de plus en plus chère pour mettre leurs mômes «à l’abri» ! Qu’il aille leurs dire à ces travailleurs pauvres qu’ils ont trimé pendant dix ou quinze ans pour rien. Et puis pour d’autres qui n’ont pas eus la chance d’aller à l’université : cela peut être une bonne idée que d’offrir des formations aux «demandeurs d’emplois», en est-ce une bonne de leur imposer des boulots à coups sur dégradants et sous-payés ? Ce mécanisme, en embauchant des hommes morts sur pattes en sous-main, risque d’aggraver encore le taux de chômage étant donné que rien ne sera fait dans le sens d’une véritable «insertion» sociale, mais au contraire, tout pour rendre les travailleurs serviles.

Et puis vient la question centrale : quelle formation pour quels emplois ? Voudrait-il obliger les chômeurs, qu’importe leur âge et leurs compétences, déjà stigmatisés et injuriés car taxés d’imbéciles, à suivre des formations de nettoyeur de poubelles, de cireur de pompes en cuir pour banquier ? Des formations de caissier après un bac+5 en économie ? Nous pourrions envisager une formation de tirailleur afin d’obliger les chômeurs de plus de 55 ans à s’engager dans l’armée pour aller tuer de l’iranien aussi tant que nous y sommes ! Non content d’avoir contribué à délabrer le tissu social de la 5ème puissance mondiale, notre président-candidat d’extrême-droite fait volte-face devant 20% de la population active, pour les frapper encore un coup de plus dans le dos.
J’ai peut-être eu l’outrecuidance d’avoir suivi des études supérieures, qui sait, la honte de m’être cultivé un petit peu pendant ce temps, bien que sans lire la Princesse de Clèves, je sais à présent que cette couleuvre néolibérale permettra de réduire les salaires des gens de condition modeste, face à une inflation qui sera, elle, galopante. Cette réforme servirait à mettre tous les chômeurs en situation de soumission, en état de repli sur soi, voir de dépression, et à multiplier les contrats à durées déterminées, les missions d’intérim courtes. En bref, réduire les coûts sociaux de production. Ajoutons à cela l’idée du président que les conditions de travail seraient négociés «de gré à gré», c'est-à-dire selon la bonne volonté de l’entreprise, cela augure la mise à mort des chômeurs.

Fin 2011, 9,6% de la population active se trouve au chômage, dont 23% des jeunes de moins de 25 ans. En comptant les autres catégories non prises en compte par l’Insee, on doit frôler les 20% de la population active au chômage. Un triste record qui signifie que chaque famille est liée au chômage, de près ou de loin. Mitrailler le droit social à l’égard des chômeurs en 2012, tel qu’il le fait, c’est prendre les gens pour des abrutis qui applaudiraient celui qui les insulte.

2- Un référendum sur l’immigration ? Monsieur S. propose de confier le contentieux des étrangers à une seule juridiction, contre deux actuellement. Le bon sens voudrait que l’on propose d’arrêter de piller l’Afrique avec nos multinationales, de laisser ces gens avoir une vie décente et qu’ils profitent de leurs ressources naturelles, de donner un peu moins l’envie à ces victimes du capital de venir, ceux qui croyant trouver un eldorado en Europe, trouvent la misère, la rue ou bien la mort. Et bien le pouvoir fait l’inverse en proposant de rendre complètement arbitraire l’expulsion des étrangers, car soumise à un seul juge administratif. Ce serait la suppression du juge des libertés et de la détention (juge judiciaire), magistrat qui contrôle la légalité des mesures de rétention administrative…C’est le juge qui s’intéresse aux conditions de détention, on comprend pourquoi il serait supprimé ! La manœuvre serait en fait, illégale au regard de la Constitution, mais comme d’habitude, cela ne gêne pas les auteurs-communicants de ces propos.

3- Je reviens ici très brièvement sur une phrase qui m’a choqué de son discours : « J’ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu’il décide, comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable » J’espère que cette citation mettra la puce à l’oreille à tous ceux qui s’apprêtent à voter pour cet homme. En utilisant l’argument de la parole au «peuple», il réutilise le vocabulaire du candidat du Front de Gauche, signe que les élites capitalistes commencent à trembler que la population souhaite avoir son mot à dire. Ensuite, il annonce en une minute qu’après avoir tranché les chômeurs et travailleurs de ce pays, il proposera une suppression des syndicats, des partis politiques et des commissions d’enquêtes ou d’expertises, sous le prétexte que ces «corps intermédiaires» (comprendre les remparts à aux pleins pouvoirs personnels), s’arrogent la parole des gens, «sans jamais se soucier de ce que le peuple veut». Si lui s’en souciait, de ce que la population souhaite, il ne se serait pas représenté aux élections. C’est vrai qu’être responsable devant les experts et les commentateurs, ça oblige à soigner son discours, c’est une tâche fatigante pour un peuple vu comme ignare ! Donc voilà ce qui nous attend : verrouillage des médias, liquidation des institutions républicaines (partis politiques, syndicats, participation politique) au profit d’un seul, le Président Père de la Nation. On a longuement taxé Mr Mélenchon de populiste car il serait un tribun assoiffé de gesticulations d’oriflammes rouge et de vindicte populaire. Cette phrase contre les «corps intermédiaires», pour le coup l’est réellement, et rappelle à mon humble sens, le populisme des années militantes d’un certain Pierre Poujade…Bref, passons.

    Ce candidat voudrait que les électeurs s’expriment sur ces deux sujets, après l’élection. Au même moment, deux projets de lois visant à ratifier un traité européen sera soumis au vote à l’Assemblée Nationale mardi 21 février dans le mépris le plus total de la population, et dans le silence le plus criant des médias. Le président-candidat sait qu’il sera refusé s’il soumet ce traité à l’approbation du peuple, et l’impose en silence sur son tandem franco-allemand, pour ne pas revivre la débâcle de De Gaulle en 1969 après avoir perdu son référendum.


4- Le Mécanisme Européen de Stabilité Financière : Mardi 21 février, les députés sont appelés à voter pour ratifier le Mécanisme Européen de Stabilité, traité instituant une sorte de FMI européen. Cette instance est censée en substance faciliter l’attribution de fonds à un pays en cas de crise de sa dette publique. Mais ce mécanisme donnera des pouvoirs exorbitants à la troïka (FMI, BCE, Commission Européenne) qui obligera les États à respecter de nouveaux critères draconiens dans leur politique économique. La politique de rigueur sera inscrite dans la Constitution (Règle d’or), avec pour toile de fond la contrainte de limiter les dépenses publiques : autrement dit, ils enregistrent dans le marbre des constitutions la privatisation et la récession des États, quiconque ferait une relance économique par la hausse massive des dépenses (impliquant des recettes supérieures), se trouverait dans l’illégalité.

    Mais il y a pire. En cas de crise de la dette, c'est-à-dire si un État membre est déclaré non solvable et "blacklisté" par ses créanciers étrangers comme étant en défaut de paiement, l’instance du MES interviendra. Celle-ci basée à Bruxelles devra être en mesure de réunir les fonds (700 milliards d’euros négociés arbitrairement et sans plafonnement) de manière «irrévocable et inconditionnelle», c'est-à-dire que les gouverneurs de l’agence (ministres des finances des gouvernements membres) puiseront dans les caisses de l’État, impôts des contribuables, sans aucun droit de regard, sans veto, et sans autorité parlementaire de contrôle. Il est prévu qu’ils pompent ces milliards en seulement 7 jours. Les gouverneurs auront une totale impunité judiciaire, mais par contre, pourront poursuivre en justice les gouvernements qui ne respecteront pas le traité ! C’est un achèvement des peuples, le traité est imposé sous forme d’une aide à la Grèce, à l’Italie, à l’Espagne, bientôt la France. Mais obliger par la loi un plombier de mettre un chewing-gum sur une fuite plutôt que de l’étain pour faire une bonne soudure, comme un État s’endette sur les marchés financiers pour payer ses dettes, c’est raisonner à l’inverse du bon sens et de «l’aide» ou de la «solidarité».
 
    En 1992, le traité de Maastricht instituait les critères de convergence, ceux vers lesquels tous les États membres devraient converger pour développer un marché unique dynamique, performant et compétitif (on aurait déjà du se méfier de ces trois mots). A l’époque, le débat était partagé entre les partisans d’une coopération économique (gouvernements nationaux souverains) et une intégration, véritable fusion des économies vers Bruxelles. Ils ont mis en place trois règles déjà impossibles à tenir avec une politique libérale : dette publique inférieure à 60% du PIB, déficit public inférieur à 3% du PIB, stabilité du taux d’inflation. Avec le Mécanisme Européen de Stabilité Financière, il s’agira de réduire le déficit non plus à 3% mais à 0,5% du PIB ! Soit un budget quasiment nul.

    Ce qu’il résulte de ce traité camouflé est clair : comme les États alourdiront en permanence leur dette publique pour contribuer au MES, ils devront continuer à emprunter des sommes dantesques aux banques privées. Et lorsqu’ils seront en crise de leur dette, ils seront contraints de transférer les compétences publiques qu’il leur restera au privé, en privatisant les services publics. Encore une fois, c’est résumé, mais les grands gagnants de ce pillage annoncé, sont les banques et les institutions financières qui parviendront à engloutir toute la zone euro. Contre ce coup d’État des financiers agissant dans l’ombre du couple Merkel-Sarkozy, une pétition a été lancée pour que chaque individu se sentent concerné adresse à chaque député une demande de refus lors du vote parlementaire (cf. mon dernier article).

    Une dictature est en train de se mettre en place en Europe, ce n’est pas que N. Sarkozy. Partout dans le continent, les partis de droite deviennent d’extrême-droite, et les sociétés sombrent dans une sorte d’oligarchie néofasciste. Je répète que c’est une reproduction de l’Histoire des classes : après une crise majeure, se forme un virage vers le socialisme ou bien le fascisme. Soit les peuples s’unissent et socialisent leurs richesses afin de ne pas recommencer les erreurs du passé, soit ils se laissent abattre en acclamant un chef autoritaire qui installe un fascisme par réaction conservatrice ! Or c’est la dernière solution que préfèrent adopter les dirigeants du capital, car un régime autoritaire (voire militaire) fasciste permet de continuer, à faire du profit sur le dos des gens (suppression des syndicats, conventions collectives, partis politiques, guerres, politiques racistes, etc.).

Ce qui est nouveau c’est que cette année, le candidat du Front de Gauche est en train de donner des armes intelligentes (la pensée) aux gens pour lutter et résister ! Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui puisse réunir suffisamment de suffrages et de peser du poids pour donner une alternative anti-néolibérale et antifasciste à la France, par extension à l’Europe. Le NPA, Europe-Écologie/Les Verts et autres ne pèsent pas assez pour empêcher les terroristes financiers de prendre le contrôle des États. Et même le Parti Socialiste, s’il ne peut pas être pire que le Sarkozysme, n’empêchera pas les rentiers, banquiers et financiers de gouverner puisque son candidat est lui aussi un néolibéral et qu’il a intégré la couleuvre du remboursement de la dette, de l’austérité. Ce n’est plus une question de provenir du système ou non, de gauche ou de droite, mais de Résistance contre la dictature !

Il faut donner un maximum de voix au Front de Gauche si l’on souhaite mettre un coup d’arrêt à la guerre sociale des financiers !

Samuel Moleaud

17 février 2012.

Par sam - Publié dans : Articles d'opinion - Communauté : SANS NOUS ILS NE SONT RIEN
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 10:42


72347260.gifIl y a quelques jours, interrogé par des milliers de journalistes (puisque l’info va vite, les questions aussi), le chef de l’État s’est expliqué aux français sur sa politique et a défendu avec ardeur son bilan quinquennal. A quelques semaines de l’élection présidentielle, l’évènement a été retranscrit sur tous les écrans, iphones, smartphones et la bande son du discours a même été passée dans les hauts parleurs des entrepôts et des usines. Ce, afin évidemment que les travailleurs puissent assister au rendez-vous sans perdre une miette de leur salaire.

-Un bilan contrasté et obscur, mais clair.

D’entrée de jeu, il a voulu saluer les journalistes qui l’interrogeraient tout au long de l’émission. Le président de la République a d’abord tenu à se féliciter de la loi sur la liberté de la presse (la Lolibep), qui confère une totale indépendance des journaux vis-à-vis du pouvoir. Cette loi votée dans l’inquiétude du SNJ (syndicat des journalistes), pénalise même les patrons et rédacteurs en chef qui obligent leurs salariés à s’autocensurer pour produire une information rapide, rentable et simpliste. En outre, il a défendu la première mesure de son mandat en ces mots : -les syndicats ont eu tort de s’inquiéter, j’ai par la suite finalement été remercié. J’ai été content d’avoir écouté Popeye pour gagner le bras de fer social. On m’a trainé dans la boue, mais je m’en suis lavé car je suis le combattant que le pays avait besoin. De l’écume des vagues, j’ai répliqué par l’apaisement d’une mer d’huile. Désormais, chaque article de presse est précédé d’une investigation, ou d’une enquête de terrain et les citoyens peuvent à présent réfléchir librement. Alors qu’avant, les journalistes ne pouvaient pas passer du temps à vérifier les sources ou produire des sujets intéressants. Du coup, leur seule occupation était de gloser lamentablement sur la neige, le froid, la chaleur ou le soleil. Ce temps, je le répète, est révolu.

Ne pas confondre les pouvoirs dans les mains d’un seul, et bien discerner les forces à l’intérieur de ceux-ci, est la condition sine qua non selon lui, pour atteindre une république démocratique irréprochable. A-t-il raison de trouver cette mesure positive ? On peut en douter. Depuis l’été 2007, il faut compter environ une semaine pour pouvoir trouver un journal en kiosque là où, avant son élection, les nouvelles fraîches du jour arrivaient dès six heures du matin tous les jours. Et depuis que les journalistes sont astreints de faire leur métier, les éditions sont plus volumineuses, ce qui ennuie le cadre ou le directeur qui n’a pas le temps de tout lire dans le métro en se rendant de sa banlieue morne et pestiférée de Neuilly-sur-Seine à son bureau de la Défense.

-Une fiscalité flexible mais rigide.

Sous l’œil hagard des journalistes au chevet, il a ensuite évoqué le bouclier fiscal en se réjouissant d’avoir été le président du pouvoir d’achat. Il faut rappeler qu’à peine trois mois après son arrivée au pouvoir, le seuil d’imposition des contribuables les plus modestes a été réduit à 10% afin que ce soient les «nantis» et les fortunés qui soient mis à contribution de l’effort national.
Les impôts indirects les plus injustes (Taxe sur la Valeur Ajoutée, Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, tabac, alcool, etc.) ont été drastiquement réduits pour les travailleurs. A l’opposé, les impôts directs (Impôt sur les Sociétés, Impôt sur le Revenu, Taxe Foncière, etc.) ont été augmentés pour les rentiers qui ne travaillent pas. Se justifiant de son ultralibéralisme, le président a même annoncé pour la fin de l’année, une gratuité des carburants pour que tous puissent travailler sans charges.

En objection à cette mesure fiscale, projet phare du pacte présidentiel de 2007, les organisations syndicales ont vivement critiqué une fiscalité injuste qui n’attire pas les investissements et les capitaux compétitifs. Le président de la République a ensuite rétorqué que dans un système libéral, il est inacceptable et inconcevable que les travailleurs soient bombardés de charges pendant que les assistés vivent au crochet de la société, leur rappelant insidieusement qu’il était le président du pouvoir d’achat.

Il a tenu à dire aux téléspectateurs qu’en dépit des critiques qui lui sont adressées, il a toujours été dans l’action, qu’il ne cèderait jamais devant l’adversité et l’inaction. Faisant allusion à une probable éventuelle possible et conditionnelle annonce de candidature à l’élection présidentielle qu’il fera peut-être bientôt, mais nous n’en sommes pas sûr, le chef d’État a insisté sur le fait qu’il ne quittera jamais son peuple comme cela, comme si un seul quinquennat suffisait à concrétiser une longue histoire d’amour, et qu’un mandat supplémentaire permettrait aux travailleurs de vivre la «dolce vita». Peut-on donc se demander s’il sera candidat à sa succession ? La réponse est oui, nous pouvons nous le demander.
Quoi qu’il en soit, il est vrai qu’il doit faire face à un discrédit négligeable car jamais un président sortant ne s’est présenté avec tant d’opinions favorables : les sondages n’ayant absolument aucun sens sociologique, ils permettent néanmoins de donner un aperçu, et le président-candidat-pas-encore-candidat-qui-ne-dit-pas-qu’il-doit-juste-respecter-le-calendrier-fixé-par-la-loi, n’a jamais été en dessous de 90% d’opinions favorables depuis la crise de 2008. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé, nul ne peut déplorer un manque d’action pour convaincre les 10% restants.

-Une dette publique insoutenable mais supportable.

    Lorsqu’à l’horizon de l’automne 2008, la crise économique ébranla les milieux de la finance et atteignit l’économie réelle de tous les pays de la planète, en tant que président de l’Union, le président s’est félicité d’avoir réussi à mettre en place des mécanisme de «garde-fou» contre les prédateurs qui voulaient miner le droit du travail en France. Après avoir sauvé les institutions bancaires de la faillite, des prêts massifs de l’État auraient eus pour conséquence de saigner les portefeuilles du peuple si aucune contrepartie n’avait été exigée aux aides publiques.
    La hausse massive des dépenses publiques a permit aux démunis souffrant du chômage, de pouvoir continuer à vivre décemment et de relancer le marché de la consommation. Les allocations familiales et autres prestations sociales ont été augmentées pour les revenus modestes. Au niveau des entreprises, le gouvernement fit voter la loi TSE (Travail-sécurité-emploi) qui permettait aux salariés de travailler, sans subir l’épée de Damoclès du licenciement, avec des salaires plus élevés pour supporter la hausse du taux d’inflation. La hausse de la production ayant permit de rehausser le niveau de la demande globale, ce afin que les entreprises soient en mesure d’embaucher du personnel. Les charges patronales ont été réduites pour les très petites entreprises, pendant que les multinationales et entreprises du CAC-40 voyaient leurs cotisations patronales augmenter.

    A l’antenne, le président affirma que ces mesures ont permis de freiner les délocalisations et d’assurer l’emploi : Dans un monde globalisé, où la loi de la jungle règne, la prédation est énorme, le droit du travail est menacé, et l’État libéral doit assurer le pouvoir d’achat des citoyens (…) Jamais je n’abandonnerai devant mes collègues du G20, l’idée que l’emploi stable et maintenu évite de s’enfoncer dans la crise., incitant ses confrères européens à mettre en place une taxe des transactions financières au niveau mondial pour inviter chaque pays à reprendre en main son système productif au lieu de sous-traiter et d’exporter à tout va en Chine ou au Brésil.
    Les mécanismes de régulation issus de la crise qui ont débouché sur la semi-nationalisation des grandes banques ont d’ailleurs permit de réduire les déficits et la dette publique. Farouchement opposé à ses voisins d’appliquer la Grande Austérité, le président a agi contre les marchés financiers avec pour toile de fond, l’argument qu’une politique de rigueur et la récession détruiraient le droit du travail : On ne peut pas se passer du marché mondial, mais on peut éviter de se mettre à genoux devant les banques et les agences de notation., rappelant que les agences de notation ne sont pas là pour imposer leur doxa, et sont préjudiciables à la vie des travailleurs.
Le candidat-pas-candidat a réaffirmé son rôle en précisant que la crise avait été une aubaine pour les 10% de ses détracteurs qui souhaitent faire leur putsch et casser les droits sociaux et libertés fondamentales en imposant le garrot de la dette. A la question de D Pajadis, s’il n’avait pas été trop dur sur la gestion de la crise de la dette souveraine, voici ce qu’il a répondu : La dette avoisinait les 1700 milliards, 84% du PIB. En 2008, l’État a alloué des fonds colossaux pour sauver le système bancaire. Lorsque les banques ont enregistré une reprise de leur activité, il était normal qu’ils remboursent les prêts que les États leurs ont faits. Il s’est avéré qu’une large frange de la dette publique était issue des dettes privées des entreprises, qui avec la crise, ont réussi à s’en exonérer. Il fallait donc faire un audit pour savoir quelle part l’État devait, quelle part il ne devait pas. Donc non, nous n’avons pas été sévères, mais nous avons agi avec bon sens. Quand au paiement de cette dette réellement publique, elle se fera en cinq ans maximum.
 
Ainsi, avec la semi-nationalisation des banques, l’accélération du bouclier fiscal (hausse des prélèvements obligatoires sur les ménages gagnant plus de 300 000€ par an) et l’interdiction de placer les capitaux dans les paradis fiscaux, l’État espère récupérer les 600 milliards d’euros dont il nécessite pour rembourser les dettes publiques en moins de cinq ans. Le restant ayant été littéralement répudié par l’audit citoyen de 2011.

-Une couverture sociale inefficace, mais optimale.

Dans un système libéral, bien que l’égalité pure et parfaite soit néfaste à l’émulation de la société et la concurrence (selon les libéraux), l’économie est régulée par la main invisible et le libre jeu du marché : en période de croissance et d’excédents, le marché est efficient et efficace, car il permet une situation d’équilibre sur le marché de la demande, de l’offre, donc de l’emploi, des biens et des services. Mais cette théorie n’a jamais réellement fonctionné, et pour preuve, l’État a toujours subventionné en masse les entreprises privées comme EADS, Areva ou Airbus. A l’opposé, en situation déficiente, de crise, le gouvernement a étendu les prérogatives de l’État pour pallier les déséquilibres : sauvegarder l’emploi, l’innovation, les services publics et la couverture sociale.

Selon le président encore, afin de relever le pouvoir d’achat, il fallait que tous aient un travail. C’est pourquoi nombre de médias, face à telle politique, ont déploré une politique stalinienne digne d’un régime cubain ou vénézuélien. La loi TSE aurait permit de réduire le temps de travail individuel hebdomadaire à 32h, de faciliter l’embauche, avec plus de roulement sur les machines et dans les bureaux. Cet argument se tient si l’on regarde le taux de chômage de la population active, qui est passé de 9% en 2007 à 3% fin 2011.
En parallèle, la réforme du système des retraites du gouvernement en 2010 aurait, selon lui, permit de sauver le système social français. On s’en souvient, cette réforme avait provoqué un mouvement social d’envergure nationale où patronat et syndicats manifestaient en nombre pendant tout le mois d’octobre. Passer d’une retraite à taux plein à 62 ans avec un nombre d’annuités de 41 ans à un âge de 57 ans et 37,5 annuités fâchait la minorité contestataire qui ne supporte rarement que l’on touche à ses acquis : Les français sont farouches aux réformes, ils ont peur du changement, pas moi, et je serai bientôt remercié.
Il n’a pas hésité à aller plus loin encore : à l’horizon 2015, est prévue une autre réforme poussant l’âge du départ à la retraite à 55 ans avec 35 annuités et qui supprimerait la décote de 5% par années manquées. Le pays sera dans ce cas, la seule nation à faire cette mesure, si l’on procède au type de comparaison interrégionale stupide, désuète et dénuée de sens que faisaient les journalistes avant la loi de 2007 relative à la liberté de la presse (car les structures sociales d’un pays diffèrent de l’un à l’autre, même dans un État fédéral). Enfin, le départ en retraite serait calculé sur la base du dernier trimestre travaillé pour tout le monde, contre 25 dernières années actuellement pour les salariés du privé et les six derniers mois pour les employés du secteur public.

    Bilan des mesures annoncées qui ont tout l’air d’un programme électoral :
-La retraite à 55 ans à taux plein avec 35 annuités, la semaine de 25 heures.
-10 semaines de vacances annuelles.
-Possibilité de partir en voyage à l’étranger pendant six mois et de réintégrer son poste au retour.
-Le smic à 1700€/mois nets.
-Mutualisation du travail, inciter à la création de SCOP pour limiter les abus du patronat.
-Abolition de la propriété privée des entreprises : chaque entrepôt est la propriété des travailleurs sous contrat.
-Recrutement massif de fonctionnaires dans les trois corps de la fonction publique.
-Suppression des critères sélectifs d’accès aux hautes études universitaires, couplée d’une bourse de dix échelons attribuée à tous les étudiants.
-Démocratisation de l’éducation nationale, d’inspiration ludique et interactive, non basée sur la coercition, la discipline, le contrôle et la hiérarchie.
-Régularisation des sans-papiers qui souhaitent venir travailler en France.
-Démilitarisation (retrait de l’OTAN, retrait des forces d’occupation dans les pays où la France était engagée militairement, retour des porte-avions et fermeture des bases militaires internationales). 

Le président serait-il devenu de gauche, seconde étape d’une «rupture tranquillou», ou bien avons-nous à faire à des manœuvres purement clientélistes et électorales ?

Le débat unilatéral sans prise de parole et sous forme d’un monologue s’est simplement terminé par une poignée de main, selon nos sources peu fiables, où la journaliste a tenu à remercier le chef de l’État pour tous les efforts qu’il a fait pour soigner sa population.
Une allocution, comme les titres de cet article, insensée. Une opération de communication riche en monologues, en autosatisfactions, en non-sens et en manipulations pour convaincre les électeurs de voter pour un candidat qui se propose de vous saigner à blanc et de vous rendre plus serviles que jamais. Faites vos jeux !

Samuel Moleaud.
http://sam-articles.over-blog.com

8 Février 2012.

Par sam - Publié dans : Articles d'opinion - Communauté : ANARCHISTE et/ou LIBERTAIRE
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 18:20

Le bal des clowns aux nez de toutes les couleurs, des rouges, roses, oranges, bleus, et bruns touchera bientôt à sa fin. Fin janvier 2012, et les jeux semblent déjà faits, disent les journalistes de grande audience. Tu m’étonnes ! Comme d’habitude, les médias tronquent les débats, fixent le temps de parole, adoubent celui qui fâche le moins les institutions financières et règnent en maîtres sur la dictature de l’agenda. Ils sur-médiatisent les thèmes néolibéraux et leurs porte-banderoles. Et ils censurent et taxent d’extrêmes les antilibéraux (notamment le Front de Gauche), qui sont loin d’être extrémistes. Après, ces mêmes médias s’étonnent presque que les «jeux» soient faits. Enfin, ils parviennent, comme à l’habitude française, à faire de la résignation un mode de vie dont le patronat et les banques pourront apprécier les bienfaits d’une masse de salariés corvéables à merci qui acceptent les attaques récurrentes au droit du travail. En retour, sur le plateau télé, les invités aseptisent les discours et se querellent comme dans une cour de récréation.

Tant et si bien que, à l’instar d’un D. Pujadas servile qui tente de poser des questions intelligentes sans y parvenir, dès qu’un sujet est fouillé dans son fondations, un autre sujet de seconde importance est imposé. Dès qu’une discussion aborde les points névralgiques de la guerre économique, celle qui donnerait aux spectateurs les idées et les armes de la résistance contre la machine, aussitôt, le maître de scène (journaliste) intervient pour scléroser et clore la discussion. Tous les sondages battent la chamade sur leurs études focalisées sur quatre candidats bien connus, et oublient volontairement de sonder les autres (Front de Gauche, Europe Écologie/Les Verts notamment), comme s’ils étaient insignifiants. Et surtout, comme si sélectionner un échantillon de mille personnes était représentatif d’une globalité d’électeurs. Le message de cet article n’est pas la critique des médias, et l’influence de la propagande sur l’opinion publique, on pourrait en écrire des dizaines à ce sujet.

1-Le clivage gauche/droite n’existe plus.

Le message de cet article, le voilà : n’allez pas voter F. Hollande, ni E. Joly, mais J-L Mélenchon si vous vous reconnaissez comme étant de Gauche. En démocratie, il est mal vu de dire aux gens ce qu’il faut penser, dire, faire et voter. Mais nous ne sommes plus en démocratie, nous sommes en guerre (économique et sociale). Le clivage à l’ancienne gauche/droite n’existe plus. Des crises successives depuis 2008, un seul clivage viable d’analyse politique, à mon sens, a nouvellement émergé : l’antagonisme Relance de l’État/Austérité des marchés financiers, État public/État privatisé géré pour les banques et multinationales.

Et de tous les gloseurs de promesses électorales, seul un se propose de confier le pouvoir aux citoyens s’il est élu, en organisant une Assemblée Constituante, une Sixième République citoyenne, d’économie socialiste et écologique, le tout sans que personne ne soit lésé, laissé sur le carreau. Pas même les plus hauts revenus, puisqu’ils seraient taxés à 100% à partir d’un revenu déclaré de 300 000€ par an, somme qui somme toute, permet encore de bien vivre.

Si Jean-Luc Mélenchon n’est pas élu (et il ne le sera pas), la démocratie en tant qu’idéal et régime politique sera définitivement enterrée dans les pages de l’Histoire au profit d’une dictature financière. En votant en Avril prochain pour les adoubés médiatiques F. Hollande, F. Bayrou, N. Sarkozy ou M. Le Pen, les électeurs vont une fois de plus voter un changement qui n’arrivera jamais, ils donneront leur consentement pour la survie d’une monarchie qui verrouille les possibilités pour le peuple d’avoir du pouvoir face aux gouvernants. La fonction de ces gens est de protéger les intérêts du capital financier. Uniquement. Tous, à l’unanimité, acceptent la politique de rigueur imposée par les néolibéraux de Goldman Sachs et pratiquée par l’Union Européenne, même au FN, dont la candidate proposait, grosso modo, de faire une rigueur lavée de l’immigration. Mais c’est une austérité quand-même, ou plutôt préférons le terme de politique de rigueur (ce qui ni plus ni moins qu’une récession de long terme). Les oppositions qui les fâchent, sur le travail, les cotisations ou les retraites, l’immigration, la sécurité, l’écologie sont la face visible de l’iceberg. En substance, ils ne remettent pas en cause les écarts abyssaux des salaires, ni le rôle de la BCE et des banques, ni l’illégitimité de la dette publique. J’oublie volontairement la critique économique portée par M. Le Pen, car elle a beau critiquer le capital et les lois qui lui ont conférées son pouvoir, son programme xénophobe ne fait rien de plus que de le protéger.

Admettons que François Hollande soit élu : les soixante mesures qu’il préconise au micro auront pour résultat de ne pas fâcher la finance, contrairement à ce qu’il annonce. Les écarts de salaires continueront de se creuser, et les spéculateurs continueront de faire grimper les prix. Il faut aussi s’attendre à ce qu’aucune des coupes franches de la politique néolibérale menée par le tandem sans roues Fillon-Sarkozy, ne soit remise en cause (expulsions, lois sécuritaires, traitement et recrutement des fonctionnaires, carte judiciaire, privatisation des universités, accroissement de la dette publique sans refonte de la fiscalité, etc.). Au pire, le rouage continuera tout pareil. Les mesures fiscales annoncées par le PS auront pour conséquence de taxer les revenus, certes, mais d’une manière que les travailleurs indépendants et les entreprises individuelles devront supporter aussi les coûts d’une économie de casino qu’ils n’ont pas générée. Ce n’est pas au peuple de payer la casse des spéculateurs, et même le PS ne s’insurge pas contre les mécanismes de socialisation des pertes couplée de la privatisation des profits. Enfin, les mesures proposées par Mr. Hollande n’empêcheront en rien les marchés financiers de prendre le contrôle des institutions communautaires de l’Union Européenne. Ce qui risque de se produire, c’est qu’en même temps que le PS taxera les revenus des petits patrimoines, les spéculateurs au chevet des grandes banques, continueront de faire leur commerce sur les intérêts des prêts consentis aux pays pour payer une dette publique illégitime. Et comme le parti élu renâclera à refuser les politiques de rigueurs, les déficits issus de la récession pousseront l’État à souscrire de nouveaux prêts aux banques commerciales, à taux plus élevés puisqu’une bande de gangsters auront encore changé la réputation financière des États (le fameux triple A).
   
2-Une bonne raison de voter Front de Gauche : mettre un coup d’arrêt au néolibéralisme.

    Je ne dis pas qu’il faut voter pour J-L Mélenchon, mais bien pour l’alliance du Front de Gauche. L’homme en lui-même, peut avoir bien des défauts, on lui reproche d’être trop enragé, trop endiablé, trop sectaire ou pas assez calme ou ouvert…on s’en moque, ce n’est pas un homme qui gouverne une Nation. Ce sont en l’occurrence, cinq partis politiques qui se proposent de donner le pouvoir à tous les citoyens qui seraient intéressés pour contribuer à la gestion des affaires publiques.

En novembre 2011, trois figures de proue de la puissante banque d’investissement Goldman Sachs ont fait irruption sur les institutions : Mario Monti en Italie, Loukás Papadímos en Grèce, et Mario Draghi à la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE). J’ai déjà écrit deux articles à ce sujet, je n’en ferai pas un troisième volet, mais il y a eu un Coup d’État sur l’Europe où, ces derniers mois, une dizaine de gouvernements ont été renversés sans élection, sans motion de censure ni même de mouvement social, juste sous la pression des fameux marchés financiers. Dans le même temps, les agences de notation telle Standards & Poor’s déclaraient quinze pays, sur dix-sept de la zone euro, insolvables. Alors que, raisonnablement, un État n’est pas une entreprise, une entité qui peut faire faillite ou défaut de paiement, surtout lorsque ses dettes sont constituées d’anciennes dettes privées, issues de la crise de 2008-2009.

Sauf erreur, aucun parti si ce n’est ceux du Front de Gauche, n’évoquent cette nécessité de résister, de ne pas céder à la peur et la résignation face aux financiers. Contrairement à mes habitudes de libertaire enragé, j’exhorte mes lecteurs-électeurs qui se sentent de gauche à profiter de cette élection pour cracher enfin à la face de l’Europe et du monde, qu’en France, le peuple n’est pas un troupeau de moutons résignés qui attendent que l’abattoir ne vienne les tailler en gigots pour les festins du dimanche après la messe des bourgeois.

La France arrive à une échéance qui pourrait faire basculer son destin, et incarner dans son sillage le changement à toutes les politiques de l’Union Européenne. Imaginez qu’une bande de bourgeois depuis 54 ans (1958) discutent autour d’une table pour savoir ce qui sera bon à faire dans le royaume. 54 ans, même les régimes dictatoriaux maghrébins n’ont pas duré aussi longtemps ! Imaginez que depuis 1973, ces mêmes hommes mangent à la table de ceux qui vous affament : avec les patrons des multinationales et des grandes banques, ils cèdent à leurs caprices de petits gamins moutonniers. Avec tous le fatras que leur gourmandise a généré, ces élections, répétons-le inlassablement, sont l’occasion de les jeter dehors de notre pouvoir citoyen. Si un seul gouvernement socialiste (de type PG) était porté au pouvoir au sein des pays membres de l’UE, le pari peut être fait, j’en endosse la responsabilité, que la logique et l’exemple se reproduiraient outre-Hexagone, de la même manière que la révolte tunisienne s’est étendue à toute l’Afrique du Nord, puis au Moyen-Orient en 2011. Si cette logique de résignation et d’hypnose collective perdure, tant qu’aucun gouvernement ne porte son courage à deux mains sur la table, en criant son insoumission et sa résistance sur les toits et sur l’air des lampions, nul n’est à l’abri d’un éclatement social débouchant sur la guerre, le racisme et les replis communautaristes. Or, pour une fois, les élections présidentielles pourraient empêcher cela.

La France aux yeux du monde, c’était les grèves, les conflits de classe gagnés du prolétariat, du salariat contre le patronat. C’était la république des Lumières, une terre d’accueil et les Droits de l’Homme. Ce pays, c’était les progrès du Front Populaire (1936), les innovations sociales du Conseil National de la Résistance (1944). C’est grâce à ces innombrables acquis sociaux qui ont été durement conquis, qu’un travailleur, bien qu’il soit l’esclave d’un patron, pouvait se soigner, manger, partir en vacances et payer l’éducation à ses enfants. Bizarrement, on ne fait pas de comparaison européenne sur le nombre d’avancées sociales que les voisins européens ont puisé de droite et de gauche dans ce pays.

En fait, les élites néolibérales ont toléré jusqu’aux années 1975 ce capitalisme social, porté en France par les Gaullistes et qui dura quand-même jusqu’au crépuscule des années 2000. Mais le compromis n’était point souhaitable trop longtemps, alors, médias à l’appui, il a fallu asséner au peuple, sur qui repose tous les impôts injustes, que l’État n’existait plus, et que celui-ci n’avait plus de «marges de manœuvre» face à la finance. Mais de marges, l’État en a étrangement gardées pour faire les lois sécuritaires, les lois de renflouement des banques en faillite, pour saigner à blanc le «petit» peuple et soigner ses riches. Les néolibéraux ont mis quarante ans à détruire, à l’échelle planétaire, tout ce qui faisait une civilisation progressiste. Et quasiment dix ans après le refus de Mr. Chirac, de s’engager dans une guerre inutile en Irak, il ne reste plus grand-chose, aux yeux du monde, de toutes ces valeurs d’universalisme républicain, de lutte sociale, de résistance. Nous avons une occasion en 2012 de récupérer tout cela, ne ratons pas l’heure en se trompant d’ennemis.

En France, ce n’est pas Nicolas Sarkozy l’unique responsable, comme si une fois son départ très apprécié, les choses iraient soudainement mieux. C’est que les dramatiques causes-conséquences de la globalisation commencent tout juste à se faire sentir, les institutions ayant été malgré tout protégées par le gaullisme et son capitalisme social (1). On peut d’ailleurs se souvenir à ce titre que le Parti Socialiste a toujours été plus enclin à conclure des accords de privatisation des entreprises publiques, que n’en ont fait le RPR et l’UMP du temps de Jacques Chirac. Les années 1980, sous l’ère Mitterrand, ont été marquées par le rapprochement avec M. Thatcher et R. Reagan et les premières grandes privatisations dans l’économie française. A un tel point, que, ironie amère du sort, le programme électoral de Jacques Chirac en 1995 (la fracture sociale) put paraître plus socialiste que celui du PS. En 1997, le gouvernement de Lionel Jospin était prêt à signer l’Accord Multilatéral sur l’Investissement, lequel aurait eu pour conséquences deux régressions importantes : une multinationale pouvait assigner un gouvernement en justice si l’exercice de son activité fut entravée (manifestation, grève, panne de courant, etc.) ; secondement, une même entreprise aurait pu assigner un même gouvernement en justice pour avoir pratiqué du protectionnisme ou bien une concurrence déloyale. En fait, c’était juste pour les entreprises occidentales, la porte ouverte vers l’implantation dans n’importe quel pays, sans que le gouvernement ne puisse s’y opposer, garanties contraignantes de l’OMC à l’appui. Lionel Jospin, sous la pression de la rue, revient sur la signature et l’AMI n’est jamais entré en vigueur. La politique est donc bien à l’origine de toutes les décisions en matière d’économie ou de finance publique. Cette victoire de la rue fut d’ailleurs un symbole fort lors de la création d’Attac (1998).

Bien loin de tirer dans les pattes du socialisme, mon vœu est de montrer qu’en France, avant la création du Parti de Gauche, tous les partis politiques s’agenouillent toujours au lit des marchés financiers, et donc il ne peut y avoir de clivage gauche/droite en ces conditions.

Et pourtant, les quarante millions d’inscrits (base de 2007) s’en vont aller voter par millions pour le PS, l’UMP ou le FN. Parce que les médias leurs ont dit qu’ailleurs, c’était dangereux. Dangereux pour le capital, on se comprend. Alors ils iront voter pour ceux qui vont faire sombrer la cinquième puissance mondiale dans la récession, l’obscurantisme, le chômage, la pauvreté, la misère ou la guerre. Et les électeurs abreuvés de promesses d’ivrognes s’en vont cautionner ce néolibéralisme flamboyant qui achèvera de dilapider tous nos savoirs-faires, toute l’émulation qui fait avancer une société.

A l’électeur peu convaincu qui me lit, j’aimerais lui dire en guise de paraphe, que si nous sommes dans le pétrin à cause de politiques corrompues, irresponsables et bien enracinés dans leurs dominations de classe sociale bourgeoise, c’est parce que la population les laisse faire lorsqu’elle se rend aux urnes et qu’elle se tait dans la rue ou bien à l’entreprise.
Résistons ! Et comme dit l’autre, si l’économie socialiste fâche les entreprises et les riches, qu’ils s’en aillent tous, nous avons largement de quoi nous débrouiller ici !




Samuel Moleaud,
27 Janvier 2012.

http://sam-articles.over-blog.com.

(1) Loin de faire l’éloge de la droite gaulliste, qui possède son petit lot de honte (colonialisme, mise au banc de la société de milliers d’immigrés, paupérisation des travailleurs peu qualifiés, début des délocalisations, etc.), l’on pourrait avoir de quoi regretter le temps où les hauts-fonctionnaires, toutes idéologies confondues, étaient des hommes politiques, et non des businessmen.

Par sam - Publié dans : Articles d'opinion - Communauté : SANS NOUS ILS NE SONT RIEN
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