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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:20

Petit coup de gueule en forme de faux billet d’humeur écrit à l’emporte pièce un petit matin de janvier, voici jetés sur cette page web quelques exemples de notre « vie » quotidienne, des faits de société qui, pris en opposition à leur contraire paraissent vraiment illusoires, honteux, analgésiant, tel un bon cacheton de chez Sanofi, cette fausse honte que beaucoup affichent en public de vivre dans le luxe du superflu ici-bas.

 

Nous voulons tous un boulot mais on critique le patron, nous cherchons donc par défaut plus une activité qu’un travail en soi, mais nous prenons conscience qu’il faudra beaucoup se battre pour simplement faire ce qu’il nous plait, se résignant alors au salariat, on épouse la cause écologique mais on prend sa voiture pour aller acheter son tabac, puis on jette ses mégots par terre, on dit que facebook est l’invention qui permet vicieusement de ficher les gens à outrance et en masse mais nous sommes heureux que nos contacts connaissent nos goûts, nos états d’âmes, nos humeurs, nos opinions, ce à quoi nous sommes "fans", nous nous occupons l’esprit avec des barrières que l’on se colle dans la tronche comme étant des illusions nécessaires puis inaliénables à notre vie, déprimons pour des préoccupations sentimentales et amoureuses, alors que ces questions sont futiles pour tout ceux qui sont dans l’angoisse de ne pas pouvoir manger le lendemain, notre esprit s’évade alors dans l’alcool, la drogue, la musique, l’écriture, la peinture ou tout autre art comme échappatoire à tout nos désordres intérieurs que l’on ne parvient pas à canaliser, nous n’avons pas d’argent pour voyager mais nous faisons des crédits sur vingt ou trente ans pour acheter une maison ou une voiture, nous critiquons le grand Capital, mais nous achetons un écran plasma avec notre premier salaire, nous sommes solidaires contre la misère mais, parce que nous ne pouvons rien y faire, nous devons passer, impassibles et insensibles devant le clodo qui dort en bas entre deux cartons avec une malheureuse bouteille de piquette pour se réchauffer l’hiver et un quignon de pain pour festin, nous achetons du café "charte AB" ou label "Commerce équitable" du Kenya avec nos grands airs fiers d’âme sensibilisée aux désastres causés par le commerce international et l’OMC sur les petits producteurs, mais nous l’achetons chez un baron de la grande distribution alimentaire qui rogne sur les salaires, sape la concurrence en baissant ses prix pour attirer le client, puis récupérer le monopole et avoir le dernier mot sur la hausse des prix, exploiter sa main d’œuvre en toute impunité pour accroître ses marges et tirer profit de ses parts de marchés une fois le nouveau monopole acquis (d’où l’art d’acheter du commerce pseudo équitable dans les tranchées du champ de bataille de la guerre économique), nous voudrions être libres mais la première chose que l’on aspire après avoir quitté le foyer familial ou les études de fac est de se prostituer à une entreprise, on râle, on gueule dans la rue un jour par mois, on vote le changement pour que surtout rien ne change, on voudrait aussi tant qu’à faire en finir avec l’assistanat qui fait de nous des êtres humains vivant par procuration, fier de se prendre enfin nous mêmes par la main pour guider notre destin, mais dans l’heure qui suit on se rend compte que rien de ce qui nous entoure dans notre logement n’a été produit de nos propres mains ou de notre cerveau, que tout vient des petits enfants ouvriers vivant avec 10 centimes par jour en Chine, et enfin, nous nous insurgeons haut et fort que la mondialisation est un crime organisé qui nous éloigne de la nature alors que nous consommons des tomates ou des oranges en Janvier, du Coca-Cola et des bananes... Nous aimons la théorie politique et les penseurs du 19ème siècle, mais nos actions sont à mille lieues de ce que nous proférons avec tant de fierté.

Et oui, notre vie quotidienne ici-bas est remplie de paradoxes volontairement maintenus pour que vive la consom-addiction de la société matérialiste servile, superflue et d’une abyssale arrogance. Face à ces déconvenues et ces contradictions les plus criantes, nous devenons ainsi bien pâles face à nos idéaux de socialisme du XXIème siècle...alors, il faudra s’accrocher pour ne pas que ce monde meurtrier déguisé en madone de la liberté ne tue nos rêves utopiques d’humanisme et idéaux d’égalité.

 

Samuel Moleaud.

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