…Elle ne l’écoute pas nécessairement ! Devant un peu plus de 2000 personnes, voilà que la course au pouvoir gagnait un candidat jeudi 16 février 2012. On pourrait marquer ce jour dans les anales de la démocratie, puisqu’il symbolise celui où son fossoyeur prit la parole pour annoncer le naufrage de la France dans un autoritarisme d’extrême-droite. Ainsi, voilà que les électeurs découvraient son slogan de campagne : «La France Forte». Le portrait du candidat ? Une photo de profil au regard vide, vague, moribond, fuyant à droite du cadre, qui ne cache pas un certain rictus cynique qui pourrait signifier une pensée du style «je vais bien vous saigner». Un regard malicieux plongé vers on ne sait où, sans doute comme l’œil du crocodile qui fait mine de regarder de côté alors qu’il s’apprête à bondir pour vous croquer. Le tout sur fond d’une mer bleue d’huile, sans doute pour montrer une velléité d’apaisement là où il se nourrit en réalité avidement, du chaos qu’il va laisser au champ de ruines sociales du pays. Avant que de s’intéresser aux mots retenus du discours d’Annecy, on voit déjà le virage de N. Sarkozy et de sa clique de l’UMP se faire vers l’extrême-droite. Il ne s’agit plus de voler des voix au Front National pour gagner une bataille électorale : depuis quelques mois, il s’agit tout simplement de mettre à sac le pays, peuple contre peuple, classe contre classe, afin de récolter les fruits d’un futur choc économique : le naufrage annoncé de la république vers une […]
Il y a quelques jours, interrogé par des milliers de journalistes (puisque l’info va vite, les questions aussi), le chef de l’État s’est expliqué aux français sur sa politique et a défendu avec ardeur son bilan quinquennal. A quelques semaines de l’élection présidentielle, l’évènement a été retranscrit sur tous les écrans, iphones, smartphones et la bande son du discours a même été passée dans les hauts parleurs des entrepôts et des usines. Ce, afin évidemment que les travailleurs puissent assister au rendez-vous sans perdre une miette de leur salaire. -Un bilan contrasté et obscur, mais clair. D’entrée de jeu, il a voulu saluer les journalistes qui l’interrogeraient tout au long de l’émission. Le président de la République a d’abord tenu à se féliciter de la loi sur la liberté de la presse (la Lolibep), qui confère une totale indépendance des journaux vis-à-vis du pouvoir. Cette loi votée dans l’inquiétude du SNJ (syndicat des journalistes), pénalise même les patrons et rédacteurs en chef qui obligent leurs salariés à s’autocensurer pour produire une information rapide, rentable et simpliste. En outre, il a défendu la première mesure de son mandat en ces mots : -les syndicats ont eu tort de s’inquiéter, j’ai par la suite finalement été remercié. J’ai été content d’avoir écouté Popeye pour gagner le bras de fer social. On m’a trainé dans la boue, mais je m’en suis lavé car je suis le combattant que le pays avait besoin. De l’écume des vagues, j’ai répliqué par […]
Le bal des clowns aux nez de toutes les couleurs, des rouges, roses, oranges, bleus, et bruns touchera bientôt à sa fin. Fin janvier 2012, et les jeux semblent déjà faits, disent les journalistes de grande audience. Tu m’étonnes ! Comme d’habitude, les médias tronquent les débats, fixent le temps de parole, adoubent celui qui fâche le moins les institutions financières et règnent en maîtres sur la dictature de l’agenda. Ils sur-médiatisent les thèmes néolibéraux et leurs porte-banderoles. Et ils censurent et taxent d’extrêmes les antilibéraux (notamment le Front de Gauche), qui sont loin d’être extrémistes. Après, ces mêmes médias s’étonnent presque que les «jeux» soient faits. Enfin, ils parviennent, comme à l’habitude française, à faire de la résignation un mode de vie dont le patronat et les banques pourront apprécier les bienfaits d’une masse de salariés corvéables à merci qui acceptent les attaques récurrentes au droit du travail. En retour, sur le plateau télé, les invités aseptisent les discours et se querellent comme dans une cour de récréation. Tant et si bien que, à l’instar d’un D. Pujadas servile qui tente de poser des questions intelligentes sans y parvenir, dès qu’un sujet est fouillé dans son fondations, un autre sujet de seconde importance est imposé. Dès qu’une discussion aborde les points névralgiques de la guerre économique, celle qui donnerait aux spectateurs les idées et les armes de la résistance contre la machine, aussitôt, le maître de scène […]
Les loups sont dans la bergerie. Le casse du siècle par effraction existe, sous nos yeux, impuni, décomplexé. Il est même encouragé par les bergers qui renâclent à protéger les enclos et ont stoppé leur intervention pour nourrir les ovinés les plus fragiles et fébriles. Pire, ces derniers sont délibérément jetés en pâture, livrés dans la gueule du loup par des traitres piètres bergers. J’ai écrit en septembre 2011 une diatribe dénonçant la mascarade de la crise qui cache une Offre Publique d’Achat de la finance sur les États européens, un coup d’État monumental maquillé par la peur de l’ampleur des dettes publiques. Voici en quelques sortes, le second volet. 1. La crise de la dette est une marque déposée. Elle est une appellation d’origine (in)contrôlée qui se nourrit de la peur qu’elle voudrait semer. Traditionnellement, le pouvoir aime à se prendre pour un berger guidant le «troupeau dérouté» de citoyens, moutons de panurge apeurés qui convergent vers l’obéissance et consentent à l’inacceptable. Pour combien de temps encore vont-ils accepter la lame de fond qui les rend impuissants, cette humiliation qu’ils vivent en regardant du bout d’un écran plat leurs congénères se faire manger par ces loups ? Combien de gémissements de douleur ou de rage ravalés au fond des entrailles au lieu de les extirper et les cracher à la face de toute autorité injuste ? Ce n’est pas une invasion soudaine, les symptômes d’un massacre financier étaient visibles depuis trois, peut-être quatre […]
En ces jours d’automne où les feuilles commencent à rougir et se délier de leurs attaches malgré un soleil qui nous offre encore une chaleur estivale, voici venu le jour où l’on invite la «gauche» bien-pensante à se démettre de sa conscience pour exprimer dans les urnes quel fossoyeur pourra se porter candidat au plébiscite de la bourgeoisie. La gauche ? Pardon, je voulais parler de ces gens qui se disent de gauche alors qu’ils sont de droite, ne sachant pas qu’ils votent pour le sauvetage de l’ordre économique néolibéral et féodal. Je ne ferai pas ici le topo d’un faux débat issu du premier tour en glosant sur qui de M. Aubry ou de F. Hollande serait le mieux présidentiable, ou en pleurnichant aux côtés des éliminés. Un tel débat abject et vide de sens serait relatif à se demander qui du serpent ou du chat mange le mieux la souris : un raisonnement contre-productif. Ah, ce jour de citoyenneté où les gens pensent choisir leur candidat pour l’élection pestilentielle, après tant de turpitudes, cela ne se manque pas ! A la fin de la période de vote, soit dimanche 9 Octobre 2011 vers 17h, on «apprend» que «le seuil d'un million de votants que nous imaginions commme étant le seuil de base pour avoir la réussite de la primaire est dépassé et sera dépassé ce soir» (1). Notons d’emblée la faute d’orthographe du journaliste sur le copié-collé de sa source dans l’article (écrire «comme» avec trois fois la lettre «m»), ce qui dénote la vitesse à laquelle il a dû produire (et non […]
Il est désormais courant d’entendre que l’économie mondiale est en crise, et que dans ce contexte de conjoncture difficile, mieux vaut patienter pour s’affairer, que des jours meilleurs fassent briller nos portes-feuilles. Les bourses clôturant en baisse, scrutant les monnaies en dévaluation, la finance en effervescence entraîne avec sa chute le délabrement de l’État. Cette crise serait donc une sorte de trou noir absorbant tout, surtout les capitaux, contre lequel il est impossible de lutter car personne ne l’aurait générée, tant il est inconcevable autant qu’impossible de lutter contre le libre et naturel cours du marché. La crise mondiale, la plus grave depuis les années qui ont précédé les fascismes en Europe, serait une résultante de la mondialisation : puisque le marché est vertueux, cyclique et libre de tout contrôle étatique, il se régulera de lui-même après l’orage bancaire. Quelle naïveté ! Comprendre plutôt qu’il est naturel voire biologiquement intrinsèque à l’Humanité que 99% de la population subissent le dernier pour-cent boursouflé de kilos dollars, qui impose sa loi, affame, tyrannise et tétanise la planète… La concupiscence pour l’accumulation des biens matériels est telle dans le comportement des acteurs sociaux, quels qu’ils soient, qu’elle est un leitmotiv, une norme de conduite où l’antisocial devient social : Le pauvre adule son maître bourgeois, il surconsomme, il aspire à vivre comme lui et se ruine pour cela. La classe moyenne précaire, elle, […]
Les entreprises croulent sous les charges, les gens sont bombardés d’impôts et de prélèvements, l’État leur pompe tout ce qu’ils gagnent. Le pouvoir d’achat baisse ainsi que se freine la croissance économique, la dette publique devient insoutenable et donc l’État ne peut plus s’occuper du secteur public. Il doit faire face à une crise de la dette, et doit geler ses dépenses publiques. Il faut que cela change, et il revient à chaque citoyen de se serrer la ceinture pour sortir de la crise. La solution est de rembourser la dette et de réduire le volume des dépenses publiques. Dans les discours politiques, c’est la « règle d’or » gouvernementale que l’on esgourde quand les citoyens commencent à comprendre le pot-aux-roses (1). Outre le discours simpliste qui vise à adapter les orientations idéologiques de la politique économique en la réduisant à l’adage "politiques, gaute et droiche tous pourris", ou "l’impôt sert à déshabiller Pierre pour habiller Paul", cet article voudrait montrer à quel point le système fiscal actuellement en vigueur est injustement en train de poindre vers la privatisation de l’État au profit des riches. La situation est internationale et décomplexée : les riches, censés payer plus d’impôts que les moins riches, parviennent à contribuer moins que les autres. L’impôt est alors délégitimé, car il n’est plus redistributif, progressif (notamment l’impôt sur le revenu), il charge les ménages modestes. Les agents économiques favorisés bénéficient des […]
Cette brève histoire n’est pas un témoignage, elle n’est pas une expérience vécue, mais elle est un peu le miroir de nous tous : conscient que sa précarité est embarrassante, Paul sait malheureusement trop bien que des centaines de milliers de personnes vivent son histoire au même instant. Il sait que, diplômé ou non, tout le monde peut être jeté en pâture dans la fosse aux lions quand on n’est pas de bonne famille au capital socioculturel et économique doré. Paul Anbois est âgé d’un quart de siècle. Nous sommes en juin, il sort de ses études à l’université, avec un diplôme de bac+5 à forte valeur ajoutée qu’il pourrait aisément valoriser sur le «marché» (1) du travail. De formation pluridisciplinaire en sciences, il a acquis un ensemble de savoir-faire littéraires et des compétences qu’il peut loyalement «offrir» à un employeur. Seulement voilà, les sciences qu’il a étudiées sont dites sociales, molles, il ne peut pas les «vendre» sur le «marché» du rentable. Et les portes vers lesquelles il se destinait, celles de la fonction publique, de la recherche, de l’enseignement, de l’édition ou du journalisme, ont été murées par l’État ploutocratique alors même qu’il était à la fac. Fin de bail, fin de concession, à la porte, à la casse. Travailleurs modernes, ne réfléchissez pas trop, soyez flexibles, et ménagez vos forces à usage unique dans le prêt à consommer. Me direz-vous, notre étudiant aurait du troquer bien avant ses sciences sociales contre des études de […]
Ce matin, j’ai mangé, bu et fumé. Nous l’oublions trop souvent, mais sur cette Terre, cette action banale du quotidien est un luxe que des millions d’individus ne peuvent se payer. En fait, je ne me suis pas simplement rassasié. J’ai aussi honoré l’Empire en allumant le télécran qui a voulu rentrer dans mon cortex cérébral les codes pour comprendre pourquoi et comment la faim ravage l’Afrique de l’Est. Une espèce de journaliste formaté expliquait que dix millions d’africains vont mourir à cause du soleil et de la sécheresse. Ce raccourci idéologique et déontologique qui n’a absolument rien de logique, me rappelait tristement les préceptes indéboulonnables de la religion d’État qui expliquerait par exemple la précarité des chômeurs par l’argument d’une simple flemme passagère. J’ai éteint le télécran cathodique. Il ne montrait que des prédateurs calculateurs et manipulateurs s’accaparant le monopole du monde en buvant le sang des Hommes. Écœuré, je suis quand-même allé terminer ma pitance du matin. Ce que j’ai ingéré, a été récolté et produit par des entreprises étrangères (européennes, chinoises) dans des pays où la majeure partie de la population se meurt, parce que l’argent des exportations ne revient pas aux producteurs. Ils produisent, nous nous bâfrons et gaspillons. Ils travaillent, nous leur confisquons ce qui leur faut pour vivre : devises, salaires, et ressources naturelles. Les plus fragiles meurent de faim par l’avidité des spéculateurs, et les médias accusent […]
« Ils font la fête au mois d'juillet, en souv'nir d'une révolution, qui n'a jamais éliminé la misère et l'exploitation, ils s'abreuvent de bals populaires, d'feux d'artifice et de flonflons, ils pensent oublier dans la bière qu'ils sont gouvernés comme des pions. » (Hexagone, Renaud Séchan). Voilà, nous y sommes. Mi-juillet. Un grand moment de propagande historique se joue dans la mémoire collective et déjoue l’impartialité de notre culture historique, philosophique, politique et sociale. Voila que la France militariste va se fixer devant les télécrans numériques pour admirer la 132ème parade belliciste, nationaliste et paranoïaque d’une armée agenouillée au chevet des délires sécuritaires d’un gouvernement policier. Et oui, tradition du 14 Juillet oblige. Parbleu ! Rends-toi compte, citoyen français, deux-cent vingt et un ans de liberté ! Et cela s’arrose chaque été depuis 1880 ! Alors commémorons… Le 14 Juillet célèbre la Fête de la Fédération, qui eût lieu le 14 Juillet 1790 pour l’anniversaire de la prise de la Bastille un an plus tôt. Les ouvriers et les paysans français qui furent chaleureusement conviés à aménager la place du Champ-de-Mars pour la festivité militaire, malgré une Révolution si bien réussie, furent paradoxalement exploités et sous-payés, pendant que les révolutionnaires de la petite bourgeoisie, eux, réfléchissaient aux lois qui allaient verrouiller les appétits populaires pour l’insurrection en réaction à l’oppression. Abolition des privilèges et […]
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Portail d'articles écrits sur des sujets de société et sur l'actualité, ce blog regroupe aussi des textes d'opinion, de réflexion politique. Ces textes s'attachent à critiquer le modèle capitaliste globalisé sous toutes ces formes, et dénoncer le royaume de la pensée unique qui vise à écarter le plus possible toute dissidence pour garantir des intérêts de classe. Plus que la critique, ces textes portent sur la question des alternatives possible à ce système.
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